O-Sol-da-Deusa-reducida

Un battement d’aile soudain est une amitié : on y reconnait une musique de l’érosion, la caresse de notre impardonnable usure, celle que nous accueillons, bienveillants, sur le seuil de notre âge déchu.

L’automne ainsi est doux et lent dans les craquements des sarments.

Le crépuscule hurle ton nom incessant. Seul le son de ces quelques syllabes apaise l’effroi. C’est alors que revient ce que tu as lu de loin en loin sur les visages des défunts. Méandres de vie, ces rides, comme l’envoûtement et l’énigme de l’écorce des arbres.

Le couchant nous épuise dans ce presque rien qui effleure ; cette douceur, c’est la tienne ; cette tiédeur orangée enfin, c’est ton déclin.

 

* “A poesía é un atentado celeste” est une image gracieusement cédée par le poète  Xoán Abeleira.  Qu’il en soit remercié.

Publicado o por François Davo | Comentarios desactivados en Post-scriptum (Prendre les devants. Ecrire d’ores et déjà le dernier poème, comme des adieux anticipés).

Défendre le gel

1

Ecoute l’arrière-mensonge, démasqué. L’éclat de cet obus qui dit l’avant-sommeil des alluvions.

Sauter une à une les haies de l’imagination, perdre son manteau de feuilles vertes accroché aux ronces, le lieu commun de tant de vie. Se dénuder ou se taire.

Je m’absente des paysages de l’enfance. C’est là que j’ai appris à défendre le gel. A aimer le lieu, le foyer sans foi et à ne pas égratigner la nature dans mes jurons. Tout ce que l’immobile a d’envoûtant m’est restitué.
Le présent antérieur récite ses caprices irréguliers: formes attestées, préjugés en vain, désinences sans écho ni mètres.

J’avance au beau milieu des déchirements. Apaisement, ma soeur jumelle qui toujours se refuse à moi, jalouse parce que mon défaut est bien pire que le sien- je suis capricieuse- est une complice dans les hauteurs. Ses doigts, leur audace à démêler ma crinière de brume. Je lui donne du fil à retordre, et puis des boutons à recoudre sur les tiges du verger: chaque printemps sait leurs noms, leur attente d’abeille, le dénouement. Rituel des patiences qui rivalisent et de l’éclosion, l’impatience.

Un torchon d’azur noué aux quatre points cardinaux. Un mouchoir au fond du secret de l’innocence. Enfance, robe blanche.

Et puis une auréole de sang vif interdit, en pleine mémoire. Coquelicot ou tulipe sévère des semaines religieuses. Récitation amère.

Alors pourtant je choisissais la vie.
Tu disais chercher l’or du temps mais tu avais bel et bien toi aussi choisi la vie.

Ah! ma belle fugitive, qui me retient, prisonnier volontaire et qui ne retient qu’un sortilège de ta bouche genièvre, et aussi de cafardeuses aquarelles signées lundi.

Tout-Alors sera son prénom, et sans aucune manière, son refus.
Rien ne me blesse tant qui n’ait le sceau de l’absence, sa devise inscrite sur une margelle élimée qui m’a fait trébucher et goûter la terre amère, mon propre sang. Ses marques sur mes poignets.

Un jour où je m’obstinais à ne rien devenir, à ne me souvenir de rien de connu non plus, tu m’apparais, et j’envie des rêves qui m’ont épargné.

N’allez pas dire que vous m’avez vu sonder ces puits obscurs, soigner ses genoux d’écolière ; amazone qui dans sa course m’ignore et rubans arrachés au nez des bons usages, paumes flétries dans sa chute. Trahison, mon aînée en avance sur mon âge, venait m’amadouer, m’éblouir, m’étourdir. Mais Brumaire et ses voiles favorisait des baisers clandestins.

Parcimonie, une autre fille, ses fleurs, son chant sépulcral et pourtant j’envisageais les meilleures occasions de me faire le beau entre les barreaux de l’acquis et les crachats de trop de réalités. La liberté et un musée désert entre ses cuisses, un vol à l’arrachée.

J’étais l’enfant prisonnière d’un cri qui ne cessait plus.

2

Les pourparlers de l’usure me rendent compte jour après nuit de ce que je n’ai su déjouer. Les pièges demeurent, j’irai haletant au devant de leurs invitations. Battre des ailes, sûrement.
Battre la mesure du hasard, c’est ainsi que tout s’apprenait, aviez-vous déjà pris vos marques qu’imposaient le vide hésitant de l’avenir en trompe-l’oeil, à s’y méprendre, et son pendant, la fillette foulée au pied.

Il faut voir comme s’étire infiniment ce qui est couvé d’arguments raisonnés, couvé par nos mères impériales, nos langues si promptes à nous tendre des pièges.

Qu’est-ce que cette musique des gouffres qui me rendent gré de ma tenue?

Et les saisons écorchées qui me tendent leurs moignons pour solde d’inventaire m’invitent à prolonger une vie cousue d’imparfaits.

Foi des exils les plus longs, les plus intérieurs ; fi des renoncements et des leurres.

Dont acte.

Au diapason des fleuves bavards, ma chevauchée sauvage ; ces fièvres qui m’habitent sont mon souffle ininterrompu, ma parole de crin y trouve son point d’orgue.

3

Je reviens aux paysages de l’enfance.

J’occupe sereinement les marges de l’outrance, sans avoir pour moi le bénéfice du doute.

Tout soudain peut basculer qui me concède l’exonération de la peur comme tribut à l’ouverture des enchantements.
Et j’accueille bienveillant la confusion de mes lignes de fuite. Le bruit du vent le long de ces perspectives ennivrantes.

J’ignore tous les décombres du seuil, j’envisage le soir dès le matin où tout s’apprend et se désapprend dans la danse. Dans les vertiges provoqués : je chevauche l’inconstant et dans la petite foulée qui me fait tenir debout je renoue avec mes désistements. C’est alors que se produit le retour à la danse. Sans l’inventaire complaisant de nos désertions.

J’aime cet instant où l’éphémère s’épand et se rétracte dans les soubresauts des fragments: éclairs de pierre et de métaux dans la futaie.
Appelle-moi, césure du soir. L’amertume s’est anoblie sur le dernier sel des rochers.
Noir intense. Chemin jaune. Fier-à-bras, cheval bascule. Et des fleurs dans les cheveux.

Les oracles se sont tus. Je plaide en faveur des raisons perdues. Il faut pour cela un dernier effort. Je recouvre le vert, c’est une cérémonie. Une souche m’ouvre son coeur. L’automne bravache crache un caillot de raisin.

Que dira-t-on des silex mouillés dès la peur des tigres?

Mourir, je m’ennuyais; je renoue avec l’autre rive. La riposte est cinglante.

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D’un livre d’artiste en préparation

Maruja travaille

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Para Ramiro Torres

Que irradia a palabra talismánica, a que abrolla nas nosas ramificacións? Incesante o fluir de saiva morna, cando na fin xermola a orixe.

 Nada esvae entón. Todo fica sempre a piques de xurdir.

 Quen irradia, árbore desguedellada na danza ritual? Teces no ar a trama ben visíbel dos ecos de nós. É un fondo respirar o noso, para nacermos no murmurio da follaxe.

 Que irradia a tempada revoltosa detrás das pálpebras? No limiar outra vez, sermos espello escuro -niño de paxaros, devir dos soños.

 (Xiada, a mañá é cantar as terminacións nerviosas da noite).

 

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Gravure sur pierre, oracle -saut d’obstacle (amitiés de Milpedras)

Je te recueille, image neuve, parmi les alluvions du soir, à la recherche des anciennes disparités. Je t’ai rencontrée en aval du râle qui annonce l’envers de la vie. De son caprice assoupi, l’endroit.

J’avance dans les déchirements de ce muscle puissant. Tout se dit au détriment de l’unité. Tout se fait, rien n’est  aperçu qui n’ait explosé.

Je m’impose nageant contre toute impunité de la matière. Tout est ordre, perturbé.

Démembrer,  dissoudre, s’y retrouver.

Remembrer, le chiffre et la couleur. Tout s’esquive,  ce halo, ce presque rien, mon univers poreux.

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Como inicio…

… iso, que non é só un saúdo agradecido a Alfredo Ferreiro. Sería como cumprir sen ter prometido nada. Nós outra vez a escoitarmos o que di a boca de sombra, nese intre do sono no que unha convulsión acende o espertar da fermosura. Afluentes a fluiren, un formigueo. Como na conversa de pedras como puños. Coa liberdade á vez do puño e da pedra.

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